« Je suis Marseillaise. Si j’ai quitté Marseille il y a 20 ans, ma vie reste à l’image de ma ville, cosmopolite, en mouvement et tournée vers l´avenir.
A 24 ans, après des études de commerce international, je m´envole pour le Mexique pour l´apprentissage de la langue espagnole. Accueillie à Merida par un oncle éloigné, je reste quelques mois dans le Yucatan, puis poursuis ma route en solitaire, sac sur le dos. Un périple qui m’amènera dans la plupart des États du Mexique, encore sauvages et authentiques.
Bien que tournée vers l´autre, parcourir seule pendant plusieurs mois les routes mexicaines est un formidable temps d´introspection : ce voyage sera fondateur.
Ma vie est une vie d´opportunités : une rencontre fortuite à Mexico avec des journalistes espagnols et me voilà quelques jours après à Madrid, embauchée par une groupe d´édition spécialisé dans le publi-reportage.
Premier reportage, la Biélorussie, où on est surveillé, mis sur écoute, comme tous les journalistes puis la Pologne, la Côte d’Ivoire, l’Irlande, l’Argentine, la Roumanie/Bulgarie, l’Inde, la Turquie puis l’Italie. Je commence ma vie d´expatriée sur les 5 continents, ne restant que quelques mois dans chaque pays, le temps du reportage.
C´est aussi le temps des rencontres inédites et passionnantes à l´occasion d´interviews de personnalités politiques et économiques de chaque pays. Au bout de quelques années sur le terrain, la compagnie me propose la direction commerciale, basée a Madrid et là, je rencontre l´homme de ma vie, Maximiliano.
La vie d´expatriée me rattrape, cette fois au rythme des affectations de mon mari Vénézuélien. D’abord Paris, d’où je continue à travailler pour le groupe d’édition mais à distance. Ensuite, le Mexique et enfin Porto Rico. J’en profite pour m’occuper de nos enfants, puis on décide de lancer notre petit dernier. Je me consacre alors entièrement à ma famille et mes 3 enfants.

 

 

 

 

Aux antipodes d’un parcours réfléchi et tracé, j’ai saisi ma chance. Elle est faite de spontanéité et de confiance, dans les autres et dans la vie.
C´est au cours d’un diner à Mexico, lors de notre seconde venue en 2015, que le destin me sourit de nouveau, avec la rencontre d’Audrey Klabunde, ma future associée, fondatrice et propriétaire de « In Office Beauty (IOB)« .
Audrey quitte le Mexique pour s’installer en Italie quelques semaines après et cherche à vendre sa jeune entreprise. L’affaire se fera en quelques jours à peine, finalement sous forme d’association à part égales ! C’est le début d’une belle collaboration et surtout d’une formidable aventure humaine.
Fondée en 2014, IOB propose des services de manucure et pédicure en entreprises, à destination des employés durant leurs heures de travail. Le concept est prometteur car il est porté par la vague de la beauté et du bien-être alors en plein essor au Mexique.
Rapidement le duo se révèle très complémentaire : Audrey pilote l’organisation et l’évolution du concept, et moi je m’assure du développement commercial et du management d´une équipe de quatre manucures mexicaines.
Le portefeuille clients va exploser en 18 mois, passant de 5 à 42 entreprises clientes dans lesquelles IOB intervient de manière récurrente. Il s’agit à 80% d’entreprises américaines qui ont une véritable conscience de la valeur du capital humain, comme en témoigne chaque année le classement Great Places to work.

 

Le retour sur investissement est élevé pour les entreprises clientes : leur engagement financier est faible, voire nul quand elles ne participent pas au coût des prestations ; les employés, quand à eux, se sentent réellement pris en considération, enquêtes de satisfaction à l’appui.
Les méthodes de prospection évoluent avec la croissance d’In Office Beauty. Si le réseau reste important et Linkedin incontournable, des ambassadrices vont être déployées dans toutes les entreprises clientes.
Un système de parrainage offensif a été conçu afin de récompenser ces ambassadrices, qui amènent de nouvelles clientes ou de nouvelles entreprises séduites par le concept IOB.
Pour faire face à cette montée en puissance, l’équipe de quatre manucures mexicaines va en accueillir deux supplémentaires, recrutées par coopération. Les anciennes vont assurer la formation et l’accompagnement des nouvelles : tout est fait pour développer la prise de responsabilité et le leadership dans l’équipe.
In Office Beauty est avant tout une aventure humaine, où la confiance est au cœur des relations quotidiennes. Le management est très participatif pour le moment, ce qui constitue une démarche rare au Mexique.
Pour Audrey et moi-même, la récompense est là : voir les manucures – parties quasiment de rien s’épanouir professionnellement par la maîtrise d’un vrai savoir-faire, et personnellement, en accédant a un véritable statut.
La création d´entreprises implique, dans la plupart des cas, deux facteurs : l´ancrage dans un territoire et le temps. Lorsque le créateur vit au rythme de l´expatriation, la contrainte est d´autant plus forte.
La question de la pérennité va de nouveau se poser dans les prochaines mois : Audrey quitte l´Italie en fin de mois d´avril pour l´Espagne et je pourrais quitter le Mexique à la fin de l´année scolaire pour une destination encore inconnue.
Plusieurs options sont à l’étude : la cession totale ou partielle, la mise en gérance ou le développement de franchise. Concernant la cession, si le critère du prix demeure important, les valeurs et la qualité du projet porté par l´acquéreur le seront tout autant. De mon côté, la mise en gérance serait facilitée par la maturité de l´équipe en place. Elle aurait aussi un sens si je ne pars pas trop loin (Amlat ou USA).
La franchise, suite logique du développement pour ce type de modèle économique, est enfin a l’étude. La rédaction de la « bible », manuel opérationnel décrivant précisément le concept et le savoir-faire, a débuté par l’écriture des modules de formation et le référencement des fournisseurs.
La recherche de franchisés sur Queretaro, Monterrey et Guadalajara va être lancée en 2017, selon trois critères : l’attrait pour le wellness, un tempérament commercial s’appuyant sur des liens forts avec le tissu économique local, et un management résolument humain et participatif afin de pérenniser les valeurs de l´entreprise.
Pour développer l´offre de service, une diversification vers le massage et la réflexologie est également prévue pour fin 2017.
En enrichissant nos domaines de compétences, les collaboratrices auront une activité plus variée et l’entreprise bénéficiera de cette polyvalence, afin d’optimiser les plannings d´intervention.
En fait, la « success story » ne fait que commencer… »