2ème partie (par Frédéric Boulay) :

Nous visitons tout le Mexique, en camion, bus, voiture tout terrain, dos d’ânes… parfois la misère aux abords des villes est encore plus dure que dans les campagnes. Nous travaillons avec les systèmes sociaux locaux et régionaux, les institutions et fondations, les églises et mouvements ruraux.

Nous apportons de la lumière dans un monde obscur où une mauvaise vision signifie :

– de pauvres résultats à l’école, et donc encore plus d’exclusion ou l’impossibilité de sortir de sa condition initiale,
– ou pour les personnes âgées souvent le début de la fin, car si elles ne voient plus, elles ne sont plus utiles, ne peuvent plus voir la télévision, ni préparer à manger : elles tombent et se fracturent quelque chose, partant plus vite sans un cri, sans une larme, juste parce que personne n’a pensé leur donner une paire de lunettes.

2.5 New Vision Generation est un programme 100% français qui ne reçoit aucune aide de personne : unique en son genre, le seul au Mexique fonctionnant sur ce modèle. Malgré cela, la fondation a du mal à trouver ou à rentrer en contact avec les communautés qui en ont cruellement besoin. Nous avons besoin jusqu’à présent de l’aide de la municipalité pour informer les gens de notre venue, les sensibiliser à ce qu’on va leur proposer. Un traducteur est parfois nécessaire quand les plus anciens ne parlent que náhuatl, purépecha, maya ou totonaco. Et c’est malheureux car, comme ils ont été souvent trompés par le passé, il nous faut une personne qui les rassure localement sur nos bonnes intentions et les résultats à attendre du programme.

Cela changera bientôt : la fondation a reçu l’année dernière le prix du volontariat de l’Etat de Puebla grâce au soutien inconditionnel du ministre du tourisme, le Lic. Roberto Trauwitz et son infatigable épouse, la Lic. Sandra Weber. Grâce à cela, les medias ont commencé à nous demander des entretiens et à diffuser des articles ou des reportages. Cette année, le Vision For Life Institute va subventionner une unité mobile pour aller nous même dans les places centrales des communautés pour faire notre travail sans avoir à solliciter aucun permis spécial ou faveur de la part des maires. Notre objectif est d’ouvrir à davantage de bénéficiaires dans les mois à venir :
– pour toucher une population d’au moins 1 000 000 de personnes,
– pour collectionner les sourires et apporter notre goutte d’eau dans un océan de besoins en terme de santé publique.

Ici on dit “la salud primero”, d’abord la santé. Mais en période de crise, les Mexicains ne tombent plus malade parce que le médecin devient trop cher et que trop peu ont des systèmes de sécurité sociale. Souvent le choix est difficile : payer des lunettes à ceux qui étudient ou rapportent de l’argent à la maison, et les autres attendront. La réalité est difficile à accepter. Nos brigades savent comment redonner confiance à un patient qui, souvent, se néglige ou ne croit plus en lui. Parfois, il nous jette un regard comme pour demander : « c’est vrai docteur, je peux les emmener, ces lunettes sont à moi ?« 

Aider les autres, quand ils sont dans le besoin, est une noble tâche : peut-être la plus belle ? Nos équipes le savent : il est étonnant que des étrangers fassent parfois plus pour leur pays d’adoption que les locaux qui peuvent même abuser du système.

Aider 1 000 000 des 35 000 000 de personnes nécessiteuses, c’est finalement bien peu (moins de 3%). Mais cela représente à la fois tellement d’heures et de patience, tellement de voyages au fond de la nuit sur des chemins cahoteux, tellement de caisses de matériel transportées, et surtout… de sourires inoubliables.

Le Mexique est un pays fantastique où des choses merveilleuses se passent quand les bonnes volontés s’unissent.

Frédéric Boulay
Président de la fondation Vivir con Salud,
CCE, Directeur du groupe DDFB.

www.vivirconsalud.org